Jean-Cyprien Chenberg

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J’ai 21 ans, je joue au théâtre depuis l’âge de 8 ans et suis actuellement en dernière année à l’école d’Art Dramatique Jean Périmony.

J’ai grandi pendant dix-neuf ans à Clermont-Ferrand, ma ville natale d’Auvergne, dans une famille de violonistes professionnels. C’est donc tout naturellement que j’ai été bercé par milieu artistique, tout d’abord grâce à la musique : j’ai très rapidement pris des cours de violon et de piano au Conservatoire, de l’âge de 4 ans à 19 ans, ce qui m’a permis d’obtenir le Diplôme d'Études Musicales de violon (appelé dans le jargon  »Médaille d’Or »). Cela fait aussi deux ans maintenant que je prends des cours de chant.

Mais c’est depuis l’enfance également qu’est née ma passion pour le théâtre : incarner quelqu’un d’autre que moi et vivre le bonheur d’être libre sur scène est une expérience envoûtante.

J’ai pris des cours de théâtre dès l’âge de 8 ans, en ayant comme rêve d’en faire mon métier…. et je n’ai jamais arrêté depuis. En grandissant, j’ai pu découvrir les différents aspects du jeu de comédien ainsi que les nombreux auteurs de la littérature française et étrangère. J’ai également élargi ma culture cinématographique, grâce au cinéma d’Alfred Hitchcock notamment, qui est encore aujourd’hui un de mes modèles.

Jouer est aussi un moyen d’accepter mon handicap aux jambes : né prématuré à six mois de grossesse, je dois depuis ma naissance me battre contre cet obstacle, qui entrave tout mon corps malgré moi. Lorsque je suis sur scène, j’oublie tous mes complexes, ma vulnérabilité, mon incertitude. Lorsque je suis sur scène, j’ai le sentiment que rien ne peut m’arriver, le monde m’appartient, je peux faire ce que je veux sans aucune gêne.

N’étant pas vraiment sportif, excepté pour l’escalade et la natation, les études, la littérature et les langues étrangères ont toujours eu une place importante dans ma vie avec l’art. Je suis passionné de langue française, d’écriture et de tout ce que l’on peut faire avec les mots. J’ai un double bac français-allemand Abibac, et j’étudie également l’anglais et le russe. Cela m’a plusieurs fois permis de jouer dans des pièces de théâtre intégrales en langues étrangères, comme Faust de J.W. Goethe ou L’Eveil du Printemps de F. Wedekin.

… mais c’est après mon baccalauréat et une prépa littéraire que j’ai eu l’occasion de quitter le cocon familial pour rejoindre la capitale, afin de réaliser mes rêves… et cela fait maintenant trois ans que je suis à Paris aux Cours d’Art Dramatique Jean Périmony, et que j’y suis parfaitement épanoui et heureux.

Outre l’école qui me demande beaucoup de travail, je passe beaucoup de temps dans des studios de doublage, afin de démarcher et me faire connaître pour pouvoir avoir la chance prêter ma voix à des acteurs étrangers. C’est un aspect du métier de comédien qui me passionne depuis très longtemps : retranscrire en français une émotion qui a déjà été jouée en une autre langue, uniquement par la voix, est un travail qui m’est cher et qui, je le pense, est très formateur pour le comédien sur scène ou face à la caméra.

Je crois qu’il n’y a pas vraiment de recette miracle pour réussir dans le métier de comédien : tout ce qu’il faut, c’est travailler, travailler, travailler, et encore travailler. Le plus important est de garder sa motivation quoi qu’il puisse arriver, persévérer et avoir une volonté inépuisable. Peu importe que l’on nous donne le rôle de Don Juan ou celui d’une tomate, l’implication que l’on met dans le rôle et le projet doit rester très grande. Tout cela est un travail d’infusion (comme le dit bien la comédienne Anne Alvaro) après une longue recherche sur le personnage qu’on souhaite créer, à partir de notre propre sensibilité. Je m’amuse à écouter les gens dans la rue, dans le métro, pour m’inspirer de leur souffle, de leur démarche, de leur humeur, pour pouvoir me glisser plus aisément dans les chaussures d’un avocat, d’un clochard, d’un roi ou de n’importe qui… Mais toujours en partant de moi. Et une fois que l’on respire le personnage, le plus beau reste
à venir : raconter une histoire. Ce métier est peut-être une forme de thérapie personnelle, mais c’est avant tout un métier de partage pour faire rêver un public. Et quand on réussit à provoquer le rêve, c’est gagné.

Malgré ma maigre expérience dans quelques courts-métrages étudiants, j’ai eu la chance de décrocher un petit rôle-silhouette de résistant exécuté dans le long-métrage récompensé aux Césars Diplomatie de Völker Schlöndorff, avec André Dussollier. Cette expérience très intense m’a donné envie de renouveler ma pratique du jeu de comédien face à la caméra. Jeu que je trouve vraiment différent du jeu scénique. Pour le moment, je me sens plus à l’aise sur scène car j’y ai plus d’expérience, mais je suis également de plus en plus attiré par le cinéma..

Le programme Graines de Talent ?
J’ai été contacté en Novembre 2014 par la responsable du programme Graines de Talents de l’agence Terres d’Artistes. Son écoute et son professionnalisme m’ont donné envie de tenter l’aventure, que je considère comme un petit coup de pouce pour élargir nos expériences dans le métier.

J’ai passé un certain nombres de castings depuis : certains ont été concluants, d’autres non… Cela fait partie du jeu ! Au printemps, j’ai tourné dans un petit court-métrage Eicar, et récemment j’ai tourné dans un long-métrage sur la mafia russe qui sortira en 2016… Et j’ai décroché un petit rôle de rappeur pour la publicité d’une application smartphone, un rôle très éloigné de moi que je ne me serais jamais attendu à décrocher ! Toutes ces différentes expériences de
casting me donnent de plus en plus d’assurance et de maturité.
Je suis également dans une pièce de théâtre,  »Fracas de Mots », mise en scène par V. Abramovici, dans laquelle j’interprète des textes de prose poétique et accompagne les autres comédiens de violon. Nous avons joué cette pièce en Avril à l’Art Studio Théâtre et l’avons reprise à la rentrée. Nous allons, avec cette compagnie, jouer d’autres pièces de théâtre en 2016. J’écris aussi en ce moment des petits sketchs avec une amie.

Un de mes rêves ? Jouer le rôle intégral de Sganarelle dans Don Juan !

En attendant, je souhaite à ceux qui aspirent au merveilleux métier de comédien de ne jamais abandonner leur passion, de travailler et de ne pas s’arrêter de rêver.